Consultation Publique : plan pollinisateurs

Publié le : 12/07/2021 15:52:47
Catégories : Actualités , Insectes

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Bombus - Plan pollinisateurs

Depuis plusieurs mois, l’Opie accompagne le Ministère de la transition écologique pour alimenter les réflexions et la rédaction du nouveau plan interministériel en faveur des pollinisateurs sauvages et domestiques et de la pollinisation.

Ce plan fait suite au Plan national d’actions en faveur des pollinisateurs sauvages (2016-2020), « France : Terre de pollinisateurs ». Il est mis en consultation publique jusqu’au 20 juillet et l’Opie vous propose ici sa vision du projet ainsi que quelques axes à faire valoir dans le cadre de cette consultation.

Un plan ambitieux et rassembleur ?

La question de la pollinisation et de la sauvegarde des insectes dépasse largement le cadre de l’entomologie et nécessite une action d’envergure tournée vers les pratiques d’aménagement du territoire et de politiques agricoles. Un des aspects novateurs de ce plan est d’avoir réussi à impliquer et le Ministère de la transition écologique et celui de l’Agriculture et de l’alimentation ainsi que de faire travailler ensemble des parties prenantes qui ont plutôt l’habitude d’opposer leurs points de vue.

Pour l’Opie, ce cadre d’échanges est un signal important mais néanmoins réducteur : les discussions qui ont été conduites jusqu’ici ont entrainé des consensus mous.

L'avis de l’Opie : l’interdisciplinarité de ce plan est primordiale mais l’enjeu environnemental doit primer sur les intérêts à court terme des filières.

La question apicole occulte celle de la pollinisation sauvage

Le service écologique de pollinisation est assuré par la diversité des insectes pollinisateurs (40 % des espèces connues en France y participent). Touchés de plein fouet par le déclin massif des insectes (jusqu’à 75 % de la biomasse dans des espaces protégés sur les 40 dernières années) la question des pollinisateurs sauvages est toujours réduite à la question apicole. L’apiculture est indéniablement dépendante d’un environnement sain et des retombées des traitements phytosanitaires. Cependant de nombreux problèmes de compétition mais aussi d’intensification de la filière restent inquiétants et méritent d’être scientifiquement objectivés et suivis.

Pour l’Opie, les actions tournées vers l’abeille domestique et l’apiculture déséquilibre la portée du plan au regard des enjeux visant à restaurer la fonctionnalité écologique de pollinisation et donc les pollinisateurs sauvages.

L'avis de l’Opie : il faut introduire la question des pollinisateurs sauvages et des études associées à tous les axes du plan même les plus apicoles.

Un manque de moyens inquiétant

Pendant les travaux de cadrage de ce plan, des moyens financiers sans précédent ont été annoncés. Il a été question de financements fléchés à l’aide du nouveau Plan stratégique national (PSN) qui définit l’utilisation au niveau français des piliers financiers de la Politique agricole commune (PAC) en cours de redéfinition. Ce niveau de financement de plusieurs millions d’euros permettrait d’avoir les moyens de l’ambition politique et sociétale autour de ce plan tout en donnant des garanties de capacité à atteindre des résultats.

Pour l’Opie, le manque d’indicateurs de résultat de ce plan souligné par de nombreux partenaires est intimement corrélée à cette absence de moyens dédiés et affichés pour accompagner le déploiement des actions.

L'avis de l’Opie : il faut afficher le financement global dédié au Plan « pollinisateurs » ainsi que les volumes réservés pour chacun des axes en veillant à un bon équilibre de répartition.

Un « arrêté abeille » ambitieux mais dévoyé

Un des axes majeurs du plan concerne le projet d’arrêté qui vise à renforcer les dispositions réglementaires de protection des pollinisateurs vis-à-vis de l’exposition aux produits phytopharmaceutiques. Cet axe, indissociable de la réussite globale du plan, porte un nombre de dérogations et de dispositions transitoires bien trop élevé pour être efficace. L’épandage après le coucher du soleil est une fausse solution pour l’Opie : la rémanence des produits, l’exposition directe des insectes nocturnes (pollinisateurs ou non) et indirecte des insectes diurnes en repos dans ces zones font que les hécatombes d’insectes demeurent ! L’enjeu réel reste la recherche de solutions alternatives et non l’escamotage aux yeux du grand public des pulvérisations.

Pour l’Opie, la transition agroécologique ne sera pas atteinte avec ces propositions et on se trompe de cible. Les moyens doivent être mis dans une restructuration de l’activité en profondeur afin de pouvoir appliquer les solutions alternatives déjà identifiées par l’ANSES et celles qui pourront être mises en évidence par des programmes de recherche.

L'avis de l’Opie : plutôt que de produire un arrêté inopérant du fait de ses multiples dérogations, il faut accompagner la filière dans une reconversion en profondeur et se départir des faux-semblants portés par l’agro-chimie.


Vous pouvez relayer ces avis et les reprendre à votre convenance jusqu’au 20 juillet sur le site dédié à la consultation sur le projet de plan national et sur celui de la consultation sur le projet d’arrêté interministériel.

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