| Résultat d’une co-évolution parfois poussée à l’extrême, la reproduction entomophile des plantes à fleur est aujourd’hui menacée par la raréfaction des insectes pollinisateurs. L’OPIE s’engage… Chez la plupart des plantes supérieures, la reproduction sexuée nécessite le transport de grains de pollen vers le pistil d’individus différents. Parmi les animaux susceptibles d’assurer cette pollinisation, les insectes sont de loin en première ligne. Pour la seule Europe occidentale, des milliers d’espèces de Lépidoptères ou d’Hyménoptères sont impliquées dans la pollinisation. Pour les plantes cultivées, l’importance économique des insectes pollinisateurs est donc immense, mais elle est inestimable en ce qui concerne les milliers d’espèces végétales non cultivées qui dépendent exclusivement de la pollinisation entomophile. Quoi qu’il en soit, dans tous les pays développés, ces insectes pollinisateurs sont en forte régression, notamment en milieu rural. Cette régression menace la pérennité d’une cohabitation entre insectes et plantes qui s’est établie au long de millions d’années. Quelles qu’en soient les causes, son impact sur tous les écosystèmes et, bien entendu sur l’économie agricole, pourrait être considérable. Depuis plusieurs années, la régression des populations d’Abeilles domestiques a été fortement médiatisée et la recherche s’est penchée sur le sort de ces insectes qui sont devenus un emblème de la lutte pour le maintien de la biodiversité. Ces attentions, par ailleurs justifiées, ne doivent pas faire oublier le péril immense qui pèse sur l’ensemble des insectes pollinisateurs sauvages*. Acteur incontournable de la culture entomologique en France, l’OPIE est depuis longtemps en première ligne pour les actions de conservation consacrées aux insectes. C’est donc en toute logique qu’un projet « OPIE pollinisateurs sauvages » a été lancé et sera un de nos axes prioritaires pour les années à venir. Ce projet comportera un volet scientifique, avec des inventaires et des programmes d’études, et un volet sensibilisation en direction du grand public. L’action « Des abeilles sauvages dans la ville » (voir ci-après) est la première étape scientifique de ce projet. * À lire : "Jachères apicoles et jachères fleuries : la biodiversité au menu de quelles abeilles ?" in : Courrier de l’environnement de l’INRA n° 54, septembre 2007 |