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Réintroduction des néonicotinoïdes :...
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Vendredi 8 janvier 2021

...rassemblons-nous !

Pesticides : une consultation publique pour empêcher le retour en arrière 

L'arrêté ministériel visant la réintroduction des néonicotinoïdes vient d'être soumis à une consultation publique. Il est primordial de s'opposer à la ré-utilisation de ce pesticide aux effets particulièrement nocifs sur l'environnement !

L’adoption du projet de loi permettant la réintroduction des néonicotinoïdes dans la culture des betteraves à sucre pour trois ans s’est d’une part effectuée dans une atmosphère de déni scientifique (les arguments soulevés par les députés ignorant plusieurs années d’études sur le sujet), d’autre part elle n’est pas associée d’un engagement explicite vers la recherche active de solutions alternatives (c’est une solution temporaire qui pourrait perdurer…). Elle est en contradiction avec la démarche de transition écologique de notre agriculture, avec les solutions prônées par la Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques (IPBES) que le France a validée, et avec les avancées réalisées dans le cadre du Plan national d’actions « France : Terre de pollinisateurs » au titre de la diminution de l’utilisation des produits pesticides.

Privilégions les alternatives naturelles

Dans son rapport de 2018, l’Anses écrivait que « dans 78% des cas analysés, au moins une solution alternative non chimique existe. En l’état actuel des connaissances, les méthodes non chimiques apparaissant comme les plus aptes à remplacer immédiatement, efficacement et durablement les néonicotinoïdes sont la lutte biologique, la lutte physique par application d’une couche protectrice (huile de paraffine, argile…), et la lutte par confusion sexuelle, lorsque ces méthodes sont d’ores et déjà disponibles en France ou aisément transférables ». 

Il est urgent et indispensable de financer les recherches pour combler le manque de connaissance dans ce domaine. Mais on s’étonne aussi que, malgré ce corpus de connaissances déjà acquises et transférables, opérationnelles, ces « nouveaux » itinéraires techniques agricoles ne soient toujours pas massivement mis en œuvre avec l’accompagnement technique, humain et financier nécessaire.

Des pesticides tueur d'abeilles, mais pas seulement

Il est important de faire remarquer que l’utilisation des néonicotinoïdes pour la betterave impacte l’entomofaune dans son ensemble : faune du sol puis faune des milieux aquatiques (ruissellements). Sur la culture elle-même, les insectes floricoles ne sont pas directement concernés/touchés. Cependant, les abeilles domestiques (et d'autres insectes floricoles ou non) peuvent venir boire de l'eau retenue ou exsudée par les feuilles, donc de l'eau contaminée aux néonicotinoïdes. Une fois la culture récoltée, il reste des résidus dans le sol : si des insectes viennent ensuite boire dans des flaques, l'eau contiendra aussi des résidus de néonic, et ceci durant plusieurs années.

Les néonicotinoïdes, même à faible dose, s’attaquent au système nerveux des pollinisateurs (abeilles et bourdons désorientés) et à leur capacité reproductive (sperme des mâles altéré…). Ils ont de plus un effet addictif chez l’Abeille domestique et les bourdons (les individus deviennent « accros » au nectar des fleurs des plantes traitées aux néonicotinoïdes !). Ils sont tout aussi redoutables pour toute la faune du sol, touchent aussi les rongeurs … jusqu’aux poissons dans les cours d’eau.

Ces néonicotinoïdes ont fait disparaître un tiers des oiseaux en milieu agricole, qui se nourrissent principalement d'insectes, de graines et de petits rongeurs. Les oiseaux empoisonnés à l'imidaclopride (néonicotinoïde) développent des troubles neurologiques, de l'immunité, et des perturbations endocriniennes sévères, conduisant dans 70% des cas à la mort. Une étude canadienne de 2019 a montré que ces substances affectent de façon directe la santé et le comportement d’oiseaux migrateurs granivores.

Avec les néonicotinoïdes, la plante est totalement "empoisonnée", 90% de l'insecticide est non utilisé et reste donc dans le sol et ruisselle avec l'eau, tue les espèces non-cibles, s'accumule dans l'environnement et agit même sur les vertébrés dont l'homme.

Participez à la consultation avant le 24 janvier afin de faire entendre votre voix contre la réintroduction de ce scandale écologique !

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